3 façons de trouver la tonalité d’un morceau à partir de sa grille d’accords

3 façons de trouver la tonalité d'un morceau à partir de sa grille d'accords
Pour identifier la tonalité d’un morceau (qui permet par exemple de savoir quelle gamme choisir pour improviser), on peut regarder l’armure quand elle est indiquée sur la partition. Pour savoir comment faire, lisez l’article Qu’est-ce que l’armure en solfège et comment l’utiliser pour identifier la tonalité d’un morceau.

Mais quand on quand on ne dispose que de la grille d’accords, sans partition ou d’une partition n’indiquant pas l’armure, comment s’en sortir ? Il faut alors regarder les accords utilisés dans le morceau.

Cela a déjà été largement développé dans différents cours, notamment dans le tome 1 du cours sur les pentatoniques.

Nous allons aborder ici trois méthodes :

  1. Relever et analyser les accords : la plus longue mais aussi la plus précise.
  2. Chercher s’il y a un accord septième : X7.
  3. Chercher s’il y a un accord diminué : Xmb5 (ou Xdim) ou Xm7b5

Relever et analyser les accords

Cette méthode nécessite de connaître les principes de l’harmonisation de la gamme majeure. Si nécessaire, vous pouvez lire l’article suivant : L’harmonisation de la Gamme Majeure expliquée aux Débutants.

Pour déduire la tonalité du morceau (par exemple dans le but de savoir où jouer sur le manche notre gamme pentatonique préférée), il faut faire un petit travail « d’inventaire » et d’analyse des accords…

1/ Notez tous les accords de la grille

Notez-les une fois chacun pour que ce soit plus clair. Prenons l’exemple de la grille ci-dessous :

| C | F | Dm | G | Em | Am | Dm | G |

Si l’on note une seule fois chaque accord, on obtient :

| C | F | Dm | G | Em | Am |

2/ Cherchez de quelle gamme chaque accord est le degré

Pour cela, il faut repérer où chaque accord se trouve dans les différentes lignes du tableau d’harmonisation de la gamme majeure ci-dessous (il conviendra aussi pour les tonalités mineures, puisque la tonalité mineure y figure aussi, à partir de la colonne degré vi) :

Tableau d'harmonisation de la gamme majeure

Remarquez que chaque accord ne peut se trouver qu’une seule fois dans chaque ligne (tonalités) et dans chaque colonne (degrés). Et les degrés Majeurs sont notés en Majuscules (I, IV, V) alors que les degrés mineurs sont notés en minuscules (ii, iii…).

Commencez par le premier accord, C dans notre exemple. Vous remarquez qu’il se trouve :

  • dans la colonne degré I sur la ligne Do (seul CM7 est mentionné, mais C est forcément inclus dans CM7)
  • dans la colonne degré V sur la ligne Fa (C7, même remarque que ci-dessus, mais cette fois la septième est mineure)
  • dans la colonne degré IV sur la ligne Sol (CM7)

Cet accord participe donc à 3 tonalités. Sur cet accord, vous pourrez donc jouer avec 6 gammes : les 3 Majeures (Do, Fa et Sol) et 3 mineures relatives dont vous trouverez le nom dans la colonne degré vi (Am, Dm et Em ; donc les gammes mineures relatives sont La, Ré et Mi).

Vous aviez remarqué ? La notation anglo-saxonne (les lettres) est ici utilisée pour les accords et la notation française (do, ré, mi…) pour les tonalités.


Il faut maintenant faire la même chose avec les autres accords, afin de trouver la tonalité « plus petit dénominateur commun », c’est-à-dire dans laquelle ils sont tous présents. Ce sera en effet plus pratique que de changer de tonalité (et donc de gamme) à chaque fois que vous changez d’accords ! (1)

Pour aller plus vite, remarquez que les accords majeurs ne sont que dans les colonnes I, IV et V. Inutile, donc, de les chercher ailleurs !

Même chose pour les accords mineurs : ils ne sont que dans les colonnes ii, iii et vi.

Pour la colonne vii, ce sont des accords dont la tierce est bien mineure mais un peu plus difficiles à caser, du fait de leur quinte diminuée. Et de toute façon, ils ne figurent pas dans notre grille d’exemple !

Passons les étapes intermédiaires et récapitulons tout ça dans un tableau :

Tableau récapitulatif des tonalités compatibles avec les accords de la grille

On voit d’un coup d’œil que c’est la gamme de Do majeur que vous pourrez utiliser avec tous les accords du morceau.

3/ La tonalité est-elle Majeure ou mineure ?

Supposons que le refrain se termine par Am, alors on peut poser l’hypothèse que le morceau a été « pensé » dans une tonalité mineure (celle de La mineur bien sur, qui est la tonalité relative de Do majeur).

Une façon simple de le vérifier sans se prendre la tête avec la théorie, c’est quand vous commencez à improviser dessus : si vous êtes en La mineur, c’est sur la tonique (ici la note La) de la gamme de La mineur que vous aurez tendance à insister et à démarrer ou conclure vos phrases.

Quand vous avez fait « tourner » la gamme quelques instants, cela se fait quasi automatiquement.

Si au contraire la tonalité était Majeure, alors ce serait plutôt sur la tierce mineure de cette même gamme (ici Do) que vous insisteriez.

Pour plus de détails sur cette astuce, par exemple pour comprendre pourquoi la tierce mineure, lisez l’article 2 astuces sans prise de tête pour savoir si une tonalité est Majeure ou mineure

Et voilà, maintenant, vous pouvez improviser sur n’importe quel accompagnement, puisque vous saurez où placer sur le manche la gamme de votre choix pour jouer sans fausses notes !

Résumons les grandes lignes de cette méthode

Notez une seule fois chaque accord de la grille, vous les mettez dans l’ordre puis vous regardez dans le tableau d’harmonisation de la gamme majeure sur quelles lignes ils se trouvent.

Vous déterminez ainsi la tonalité Majeure.

Ensuite, selon la gamme que vous jouez, vous pourrez déterminer à l’oreille si la tonalité est Majeure ou mineure.

Si vous jouez la gamme Majeure correspondante (par exemple la pentatonique Majeure de Do) :

  • si c’est la tonique qui donne un sentiment de stabilité, de « retour à la maison », c’est que vous êtes probablement en tonalité Majeure ;
  • si c’est la sixte, c’est plutôt en faveur de la tonalité mineure relative.

Si vous jouez la gamme mineure relative correspondante (par exemple la pentatonique mineure de La) :

  • si c’est la tonique qui semble prendre le plus d’importance, c’est que vous êtes probablement en tonalité mineure ;
  • si c’est la tierce mineure, c’est plutôt en faveur de la tonalité Majeure.

Maintenant, nous allons aborder deux autres méthodes, plus rapides mais moins précises, pour trouver une tonalité. On ne va pas faire dans les « sciences exactes » mais plutôt dans un « empirisme éclairé par l’expérience ».

En effet, s’il reste possible de faire une analyse harmonique poussée, on ne va pas s’embêter avec ça la plupart du temps, ne serait-ce que parce qu’on est pressé de jouer !

Donc, la démarche consiste en quelque sorte à chercher des « indices » dans la grille d’accords du morceau.

L’objectif, c’est de trouver un ou plusieurs accords significatifs, qui nous permettront de faire pencher la balance de façon quasi-certaine vers l’une ou l’autre des tonalités relatives.

Or, il y en a deux qui sont très significatifs, puisqu’ils ne sont présents que dans un seul degré de chaque tonalité :

  • l’accord septième : X7
  • l’accord diminué : Xmb5 (ou Xdim) ou Xm7b5

Donc, si on les identifie, on peut en déduire la tonalité (via le tableau d’harmonisation) sans trop de risque de se tromper.

Chercher l’accord septième

Seule contrainte : cette méthode ne va fonctionner que pour les grilles dans lesquelles ces accords sont présents !

Comme je l’ai dit, le principe est simple : dans une gamme majeure, il n’y a qu’un seul accord X7 : c’est le degré V.

Vérifiez-le sur le tableau déjà vu ci-dessus :

Tableau d'harmonisation de la gamme majeure

Même chose pour la relative mineure, mais avec un décalage ; l’accord septième se retrouve au degré VII :

Tableau d'harmonisation de la gamme mineure naturelle

Vous pouvez vérifier dans les deux cas qu’il n’y a qu’un seul accord par ligne.

Donc, quand vous rencontrez un accord septième, par exemple E7, vous savez immédiatement que vous êtes en tonalité :

  • de La pour la tonalité Majeure
  • de Fa#m pour la relative mineure

Vous n’avez pas besoin des deux tableaux pour trouver ça, puisque Fa#m apparaît comme degré vi dans le tableau d’harmonisation de la gamme majeure.

Bref, tout cela nous conduit à formuler la règle suivante…

Si vous avez le degré V, alors il ne vous reste qu’à trouver le degré I à l’aide du tableau d’harmonisation.

N.B. : dans une grille blues, vous avez souvent trois accords X7 : I7, IV7 et V7. Mais il est facile de savoir lequel est le degré I et donc d’en déduire la tonalité.

Ensuite, comment savoir si vous êtes en majeur ou en mineur ? Vous pouvez appliquer les principes de l’article 2 astuces sans prise de tête pour savoir si une tonalité est Majeure ou mineure.

Par exemple, vous pouvez chercher quel est le degré I et vérifier s’il est majeur ou mineur.

Pour reprendre notre exemple, si vous avez les deux accords relatifs AM7 et F#m7 dans la grille, lequel sera le degré I ?

Ce sera en général l’accord qui :

  • commence et/ou finit le morceau ou une partie significative du morceau (couplet, refrain…),
  • qui donne une sensation de stabilité, de repos, de « retour à la maison » quand il est joué.

De plus, quand on improvise, on a tendance à insister naturellement sur sa tonique.

Comme vous le savez, il arrive parfois que l’on change de tonalité en cours de morceau : mais ces changements de tonalité seront justement faciles à repérer car l’accord 7 (s’il y en a un !) changera lui aussi.

A vrai dire, ce n’est pas toujours aussi « limpide » dans la pratique mais ne vous tracassez pas trop quand même : avec l’habitude et le développement de l’intuition musicale, vous trouverez toujours le moyen de vous en sortir.

Chercher l’accord diminué

C’est exactement le même principe : il n’y a qu’un seul accord diminué par ligne du tableau d’harmonisation.

Donc, cherchez s’il y a un accord diminué (Xdim ou Xmb5) ou un accord m7b5 dans la grille d’un morceau, et vous retrouverez donc à coup sûr la gamme dont il provient et donc sa tonalité.

Si vous regardez les tableaux ci-dessus, vous savez donc que cet accord sera :

  • soit le degré vii d’une gamme Majeure,
  • soit le degré ii d’une gamme mineure.

Ensuite, il reste à trancher entre les deux tonalités mineure ou Majeure, c’est la même chose que pour l’accord septième.


(1) Cela dit, rien ne vous interdit de le faire. En musique dite « modale », c’est même la règle : dans ce cas, on change de mode à chaque accord ; mais les accords sont alors joués suffisamment longtemps pour avoir le temps de développer une idée autour du mode choisi. Pour information, un mode est une gamme dérivée de la gamme « originelle » en réorganisant ses notes dans un ordre différent (voir ce cours pour tout comprendre sur les modes). Nous, ici, on parle de musique « tonale » : on joue autour d’une tonalité, qui sera bien souvent la même du début à la fin du morceau.


Parlez-en à vos amis !
0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Nous contacter

Envoyez-nous un mail pour toutes vos questions d'ordre musical, administratif ou commercial. Nous répondons assez vite en général !

En cours d’envoi
Guitare-et-couleurs.com (depuis janvier 2003). « Et la théorie devint plaisir ! » Publications numériques (ebooks, vidéos, mp3, guitarpro...) pour guitaristes de tous niveaux. Grâce aux couleurs, ce qui semblait compliqué devient facile et limpide. Aborder la théorie n’est plus une épreuve mais un plaisir ! Et quand on maîtrise la théorie, alors la pratique se libère…

Vous connecter avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account