Gammes, intervalles et degrés : ce que vous devez absolument comprendre !

Gammes, intervalles et degrés : ce que vous devez absolument comprendre !

Quel que soit l’instrument que vous jouez, il est indispensable de comprendre les notions d’intervalle et de degré. Et vous allez voir qu’avec l’aide des couleurs, c’est tout de suite plus facile…

Tout commence avec les notes de la gamme. Pour notre démonstration, prenons la gamme la plus connue, celle que l’on apprend à l’école (do, ré, mi, etc.) : la gamme majeure, qui est à la base de toute la musique occidentale (depuis le classique jusqu’au Jazz, en passant par le Blues, le Rock, la Variété, etc.).

Mais avant, un petit rappel…


 

Les couleurs relatives

Comme nous allons utiliser ce système de couleurs, il vaut mieux une petite explication pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore. Les couleurs relatives correspondent à l’intervalle (c’est-à-dire la « distance » en nombre de tons) qui sépare une note de la note de référence de la gamme, que l’on appelle « tonique ».

C’est la tonique qui donne son nom à la gamme. Par exemple, dans la gamme de Do majeur, la tonique, c’est Do. Les accords aussi on une note de référence, que l’on nomme plutôt « fondamentale ». Ainsi, pour l’accord de Do majeur, la fondamentale, c’est Do.

Revenons à nos couleurs relatives. Un intervalle dit de tierce majeure, qui vaut 2 tons, sera représenté avec la couleur bordeaux ; un intervalle dit de quinte juste, qui vaut 3 tons 1/2, sera associée à la couleur orange… Et ainsi de suite. On ajoutera éventuellement un symbole « + » ou « -«  si une précision est nécessaire. Par exemple, on ajoutera le signe « – » pour indiquer une tierce mineure (1 ton 1/2).

Ce sont ces couleurs relatives qui sont préférentiellement utilisée dans la représentation des accords, des gammes, des arpèges, etc. car elles offrent énormément de possibilités.

Pourquoi « couleurs relatives » ? Parce que la note correspondant à un intervalle donné n’est pas toujours la même : c’est relatif à la tonalité du morceau, autrement dit la gamme sur laquelle il s’appuie.

Par exemple, si l’on est en tonalité de Do majeur, la tonique est Do. La note située à un intervalle de quinte juste de Do sera Sol, représentée en orange. Mais si l’on change de tonalité pour passer en Mi majeur, la quinte juste, toujours orange, ne sera plus Sol mais Si :

Voici les sept degrés de la gamme de Do majeur :

Les 7 degrés de la gamme de do majeuret ceux de la gamme de Mi majeur :

Les 7 degrés de la gamme de Mi majeurVous constatez que les couleurs sont les mêmes, même si le nom des notes change.

Ce caractère relatif est extrêmement pratique, car il permet de conserver le même système de couleur pour toutes les tonalités. Si bien que lorsque vous savez où se trouve la tierce, la quinte, la septième, etc. dans un accord ou une gamme, pour une tonalité donnée, vous le saurez aussi quand vous changerez de tonalité. Il vous suffira de jouer les mêmes couleurs, ce qui fait que vous n’avez rien d’autre à apprendre !

Voici un tableau résumant les couleurs relatives utilisées (elles sont également rappelées en bas de toutes les pages de tous nos manuels) :

valeur des intervalles

Vous pouvez constater que certains intervalles peuvent avoir des couleurs « synonymes ». Ainsi, par exemple, l’intervalle de seconde augmentée (2+) vaut 1 ton 1/2, tout comme la tierce mineure (3-). Normal, puisque ces notes sont situées au même intervalle de 1 ton 1/2 par rapport à la tonique !

La dernière ligne montre les redoublements à l’octave des intervalles de base (on parle aussi « d’embellissements« ). Par exemple, l’intervalle de neuvième est exactement la même note que l’intervalle de seconde, mais une octave au-dessus.

 


Les deux systèmes de couleurs absolues et relativesPour en savoir plus sur les couleurs « absolues » et « relatives », reportez-vous à l’ebook gratuit Présentation des deux systèmes de couleurs.

 

L’harmonisation de la gamme majeure

« Hou la la, c’est quoi ce mot barbare ? On m’a toujours dit que l’harmonie, c’est compliqué. » Ménon, cépavré. Lisez la suite avant de vous inquiéter !

Harmoniser une gamme, c’est tout simplement créer des accords ayant pour fondamentale les différentes notes de cette gamme. La gamme majeure, qui comporte 7 notes, donnera donc 7 accords différents, que l’on appelle « degrés » et que l’on numérote en chiffres romains.

En tonalité de Do Majeur, le degré I est donc un accord dont la fondamentale est Do, le degré II est un accord dont la fondamentale est Ré, le degré III est un accord dont la fondamentale est Mi, etc.

 

Illustrons cela visuellement. Si l’on prend la gamme de Do majeur sur une portée (même si vous êtes allergique au solfège, vous allez voir que cette représentation est ici très pratique), on va prendre les sept notes qui la constituent do, , mi, fa, sol, la, si. Les voici sur deux octaves (en couleurs relatives bien sûr !) :

Gamme de Do majeur sur 2 octaves

… et on va construire un accord à partir de chacune d’elle, en « empilant » des intervalles de tierce. Pourquoi des tierces ? C’est tout simplement parce que la musique actuelle est basée sur une harmonie en tierces.

 

Comment fait-on pour empiler des tierces ? D’un point de vue graphique, vous allez voir que c’est très simple puisqu’on superpose une note sur deux ; les notes sont donc toutes :

  • soit sur les lignes
  • soit dans les interlignes

Ce qui va donner pour des accords à trois notes (triades) et toujours en couleurs relatives :

Gamme majeure en accords 3 tons

Vous pouvez remarquer qu’on a tout simplement superposé une note sur deux. Ici, les couleurs relatives se basent sur la tonique de la gamme (Do). Par exemple, les notes en orange (Sol) sont à un intervalle de quinte (3 tons 1/2) de Do.

Sous les degrés, vous pouvez lire le nom des accords ainsi formés. Nous en reparlerons plus loin.

 

Si nous basons maintenant ces couleurs relatives non plus sur la tonique de la gamme mais sur la fondamentale de chaque accord, nous retrouvons bien, pour chaque degré, la structure de base d’une triade :

  • une fondamentale ;
  • une tierce, qui peut être majeure ou mineure selon le degré, ce qui donnera un accord soit majeur soit mineur ;
  • une quinte, qui sera une quinte juste pour les degrés I à VI et diminuée (ce qu’on écrit b5 ou 5-) pour le degré VII. Mais n’encombrons pas notre esprit avec ces précisions pour le moment !

La gamme majeure en accords de 3 tons (2)

 

De la même façon, on pourrait aussi « fabriquer » des accords à quatre notes (tétrades) :

Gamme majeur en accords 4 tons

La note qui est ici ajoutée aux triades est une septième (majeure ou mineure selon le degré), ce qui ne saute aux yeux sur le schéma ci-dessus mais devient évident si nous basons à nouveau les couleurs relatives sur la fondamentale de chaque accord :

La gamme majeure en accords de 4 tons (2)

 

Et on pourrait ainsi continuer la superposition de tierces, jusqu’à former des accords contenant les sept notes de la gamme :

La gamme majeure en accords de 7 tons

Les chiffres « 9, 11 et 13 » que vous voyez sous les degrés correspondent aux notes dites « d’embellissement » (neuvième, onzièmes et treizièmes).

Ces intervalles 9, 11, 13 sont comptés à partir de la fondamentale de chaque accord (et non de la tonique de la gamme).

Il n’y a qu’un seul cas où les 9, 11 et 13 de la gamme se confondent avec ceux de l’accord : c’est pour le degré I, puisque la tonique de la gamme et la fondamentale de l’accord sont la même note, en noir (ici Do, puisqu’on est en tonalité de Do majeur).

Encore une fois, les couleurs relatives basées sur la fondamentale des accords permettront d’illustrer tout ça :

La gamme majeure en accords de 7 tons

Bien sûr, la guitare ne comportant que 6 cordes, on ne pourra jouer que 6 notes à la fois et il faudra donc en sacrifier une. Ce sera souvent la quinte, qui n’est pas indispensable à la couleur sonore de l’accord.

Tous les accords ainsi formés contiennent donc les mêmes notes, toutes issues de la gamme majeure, mais dans un ordre et avec des intervalles différents. Ce sont ces intervalles entre les notes qui le composent qui donnent son identité sonore à un accord, et non les notes elles-mêmes (sinon, les 7 accords sonneraient tous de façon identique !).

Ce sont également eux qui donnent leur identité sonore à une gamme. C’est dire le rôle majeur des intervalles en musique !

 


Le Pack GammesPour aller plus loin avec les gammes, vous pouvez faire appel au Pack Gammes.

 

La nature des accords issus de la gamme majeure

Pourquoi les 7 degrés issus de la gamme majeure ne portent-ils pas le même nom ? Ben oui, ce serait logique puisqu’ils sont formés des mêmes notes dans un ordre différent ! Vous avez certainement trouvé la réponse : c’est à cause des intervalles. Les intervalles étant différents, la nature des accords change et leur nom aussi.

Prenons simplement deux exemples d’accords de 4 notes, les degrés I et II, et vous comprendrez très vite le principe…

Pourquoi l’accord du degré I est-il un accord majeur septième majeure (CM7) ?

CM7 (ou C7M) est formé des notes T, 3, 5 et M7. Le schéma ci-dessous, qui représente toutes les notes disponibles dans la gamme majeure, montre celles qui correspondent à l’empilement de tierces du degré I, qui va aboutir à un accord de type XM7 :

Les intervalles formant C7M

Les chiffres en bleu, vous l’avez compris, représentent la valeur des intervalles, en tons. La gamme majeure étant formée des intervalles ton – ton – 1/2 ton – ton – ton – ton – 1/2 ton (à savoir par coeur), c’est donc en face des chiffres F, 2, 3, 4, 5, 6 et 7M que l’on trouve une note.

Vous constatez que cet accord est formé de deux tierces majeures (4 barrettes = 2 tons) séparées par une tierce mineure (3 frettes = 1 ton 1/2). Si on ne prend pas en compte la septième majeure, la triade de base (accord majeur) est donc formée d’une tierce majeure suivie d’une tierce mineure.

Rappelons quelques points utiles à connaître :

  • Le nom d’un accord est celui de sa fondamentale. C’est pourquoi il commence par Do (ou C son équivalent en notation anglo-saxonne, préférentiellement utilisé pour les accords).
  • La nature d’un accord découle des intervalles entre cette fondamentale et les autres notes qui le composent. C’est en particulier la nature de l’intervalle de tierce qui permet de savoir si un accord est mineur (tierce mineure) ou majeur (tierce majeure). Si on ne précise rien, c’est que la tierce est majeure ; sinon, on indique « m ». Donc ici, on ne précise rien : C.
  • C’est la nature des autres intervalles qui permet d’ajouter des précisions éventuelles au nom de l’accord. Ici, on a une septième majeure, d’où le 7M ajouté : C7M (on peut aussi écrire CM7 ou Cmaj7).

Pourquoi l’accord du degré II est-il un accord mineur septième (Dm7) ?

Voici maintenant un autre schéma illustrant l’empilement des tierces pour un accord de type Xm7 (dans cet exemple, c’est un accord de degré II, car il est formé à partir de la seconde de la gamme majeure) :

Intervalles de Cm7

Cette fois, on a décalé les notes de la gamme majeure vers la gauche, pour positionner la seconde dans le « rôle » de la fondamentale (donc au-dessus de la lettre « F »). Les couleurs relatives de la gamme, cette fois, ne vont plus correspondre avec celles de l’accord, ce qui est tout à fait logique.

Que constatez-vous maintenant ? Qu’il est formé de deux tierces mineures séparées par une tierce majeure. Vous pouvez voir aussi que l’accord mineur de base est formé d’une tierce mineure suivie d’une tierce majeure : l’inverse de l’accord majeur.

Reprenons les éléments de notation de l’accord :

  • Son nom est celui de sa fondamentale. Ici, c’est donc D, la seconde de la gamme majeure.
  • Sa nature mineure ou majeure découle de l’intervalle de tierce. Ici, c’est une tierce mineure : Cm.
  • C’est la nature des autres intervalles qui permettent d’ajouter des précisions éventuelles au nom de l’accord. Ici, on a une septième mineure, d’où le 7 ajouté : Cm7.

 


Maîtrisez la Notation et le Déchiffrage des AccordsPour en savoir plus sur la notation des accords, vous pouvez lire La notation des accords facile….

 

Généralisons un peu…

Comme vous venez de le constater, même si la gamme est une gamme majeure, tous les accords qui en découlent ne sont pas nécessairement des accords majeurs !

Vous avez également pu remarquer que ces degrés seront de nature différente selon leur emplacement, car les notes qui les composent pourront être à des intervalles différents de la fondamentale.

Selon le degré de départ, on aura ainsi différentes combinaisons de tierces, mineures (1,5 ton) ou majeures (2 tons), par exemple :

  • un accord majeur est formé d’une tierce majeure suivie d’une tierce mineure,
  • un accord mineur, c’est l’inverse,
  • un accord diminué est formé de deux tierces mineures,
  • un accord augmenté est formé de deux tierces majeures.
On pourra bien sûr fabriquer des accords comportant d’autres intervalles que des tierces (secondes, quartes, sixtes et leurs redoublements à l’octave). Mais on peut les considérer comme des dérivés des accords de base formés de tierces.

Retenez pour résumer que dans une gamme majeure, ces degrés pourront être :

  • Majeur, mineur, ou mb5 pour les accords à 3 sons
  • M7, m7, 7 et m7b5 pour les accords à 4 sons

Et plus précisément :

Résumé des dégrés de la gamme majeure

Et voici un tableau qui reprend tout ça pour chaque tonalité :

Tableau d'harmonisation de la gamme majeure

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Pour gagner de la place, les altérations ne sont mentionnées qu’une fois, soit en bémol, soit en dièse. A vous de faire la « conversion » si vous avez besoin de l’altération opposée (exemple : Réb = Do#).

Comme vous le voyez, ce tableau contient d’autres combinaisons possibles des notes disponibles dans chaque degré.

Les intervalles formant C7M

Par exemple, si vous regardez à nouveau le schéma ci-dessus, vous voyez que dans le degré I, il y a aussi une seconde (2) qui redoublée donnera une neuvième (9), une quarte (4) qui redoublée donnera une onzième (11) et une sixte (6) qui redoublée donnera une treizième (13). Ce qui nous permet d’obtenir des accords tels que comme 6, M6, sus2, sus4… avec des enrichissements tels que 9, 11 et 13.

Pour revenir au tableau d’harmonisation, notez enfin que :

  • On ne mélange pas les dièses et les bémols. On aura donc que des dièses ou que des bémols sur une ligne donnée. Autrement dit : au sein d’une gamme, quelle qu’en soit la tonalité, vous ne trouverez jamais à la fois des dièses et des bémols.
  • Une note donnée (Do, Ré, Mi, etc.) ne peut être associée qu’à un seul degré. Par exemple, D#m7 étant le degré III de Si (dernière ligne du tableau), vous ne pouvez pas avoir Dbm7 en degré II, même si Dbm7 est bien identique à C#m7. On doit conserver la progression logique des notes (Si, Do, Ré, Mi, etc.).

 


Harmonisation des Principales GammesPour tout comprendre sur ce tableau et en trouver d’autres pour les principales gammes, lisez Harmonisation des principales gammes.

 

A quoi ça sert de raisonner en degrés ?

Pour terminer, voici une question de Didier : « Je me demande si les intervalles (secondes, tierces…) et les degrés (I, II…) ne sont pas à peu près ou exactement synonymes. Si oui, pourquoi ces deux échelles ? »

La réponse est dans ce qui précède ! Mais, pour compléter, voici également la réponse qui avait été faite à Didier…

« Un petit schéma sera sans doute plus efficace qu’un long discours :

Schéma comparatif intervalles et degrés de gamme
Les degrés sont les accords qui peuvent être formés à partir de chacune des notes d’une gamme : degré I à partir de la tonique, degré II à partir de la note n°2 de la gamme, etc. Les 3 premiers degrés sont représentés dans le schéma.

Il y a ainsi 7 degrés pour les gammes à 7 notes, comme la gamme majeure.

Ces degrés sont donc séparés de la tonique de la gamme par des intervalles, dont la valeur dépend de chaque gamme (gamme majeure, mineure…). Par exemple, pour la gamme majeure, les intervalles sont :

tonton1/2 tontontonton 1/2 ton

Par ailleurs, les accords représentant ces degrés sont eux-mêmes formés de notes (points bleus sur le schéma) placées chacune à un intervalle particulier de la fondamentale de l’accord (intervalle de tierce, mineure ou majeure, de quinte, etc.).

On peut aussi prendre en compte les intervalles entre ces notes elles-mêmes, les accords étant formés notamment par des empilements d’intervalles de tierce, majeurs ou mineurs selon les cas.

Donc, la notion d’intervalle est plus large que celle de degrés.

C’est un peu comme si les intervalles étaient des couleurs, et que les accords, les gammes et leurs degrés ou tout autre assemblage de notes seraient les différents tableaux qu’on peut créer avec. »


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2 Commentaires
  1. Fvarois 2 années Il y a

    Je n’avais jamais fais de commentaires jusqu’à présent.
    Je vous suis pourtant depuis plusieurs années déjà , améliorations après améliorations.
    Félicitations pour cette pédagogie ludique et efficace.
    Mais un grand bravo aussi pour votre disponibilité dans le suivi de vos abonnés que je n’ai jamais pu prendre en défaut.
    Amicalement

    • Auteur
      Guitare-et-couleurs 2 années Il y a

      Merci Franck 🙂

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